Base 100Éducation financière · 2026
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Les classes d'actifs

Niveau N33 min de lecture3 sections

Avant de choisir un produit, il faut savoir ce qu'on achète réellement : ce qu'on détient, d'où vient le rendement, et à quel point cela peut mal tourner.

6.1 Cartographie

ClasseCe que vous détenezSource du rendementRendement réel long termeVolatilitéPire perte historique
MonétaireCréance très courteTaux courts0 à +0,5 %< 1 %~0 % (nominal)
Obligations d'ÉtatCréance sur un ÉtatCoupon + variation de taux+1 à +2 %4–8 %−20 % (2022, indices longs)
Obligations d'entrepriseCréance sur une sociétéCoupon + prime de crédit+1,5 à +3 %5–12 %−35 % (high yield, 2008)
Actions développéesPart de propriété d'entreprisesBénéfices, dividendes, croissance+5 à +7 %15–20 %−57 % (S&P 500, 2007–2009)
Actions émergentesIdem, marchés émergentsIdem + prime de risque pays+5 à +7 % (très dispersé)20–25 %−65 %
Immobilier physiqueUn bienLoyers + appréciation + levier+2 à +4 % (hors levier)Faible en apparence−40 % (Espagne, Irlande 2008–2013)
SCPIParts d'une société propriétaire d'immeublesLoyers distribués+1,5 à +3 %Faible affichée, illiquide−20 à −40 % (bureaux, 2023–2024)
OrUn métalRareté, demande refuge~0 à +1 %15–20 %−65 % (1980–2000, en réel)
Matières premièresContrats à termeRendement de roulement, prix au comptant≈ 0 %20–30 %−70 %
Crypto-actifsUn jetonSpéculation / adoptionNon établi60–100 %−85 % (plusieurs fois)
Private equityParts non cotéesCroissance + levier + illiquidité+6 à +9 % avant fraisNon observableTotale sur un fonds isolé
Comment lire ce tableau

Les rendements sont réels (nets d'inflation), avant frais et fiscalité. Ce sont des moyennes historiques longues (souvent 1900–2024, données Dimson-Marsh-Staunton pour les actions et les obligations), pas des prévisions. Sur une décennie donnée, l'écart avec la moyenne peut être colossal : les actions américaines ont fait +17,6 %/an réel sur 1990–1999, et −3,4 %/an réel sur 2000–2009.

6.2 La prime de risque

Rendement attendu = Taux sans risque + Σ (primes de risque)

Les primes principales :

  • Prime actions (equity risk premium) : ~3 à 5 points au-dessus du taux sans risque.
  • Prime de terme : les obligations longues rapportent plus que les courtes.
  • Prime de crédit : un émetteur risqué paie plus qu'un État.
  • Prime d'illiquidité : le non-coté et l'immobilier paient pour leur manque de liquidité.
Une prime de risque n'est pas un cadeau

C'est la compensation d'une souffrance réelle : la possibilité que les choses tournent mal, longtemps. Si vous ne supportez pas cette souffrance, vous ne toucherez pas la prime, parce que vous vendrez au pire moment.

6.3 La règle de l'horizon

HorizonProbabilité historique de perte en actions (marchés développés, dividendes réinvestis)Part d'actions raisonnable
1 an≈ 25–30 %0 %
3 ans≈ 16 %0–20 %
5 ans≈ 10–12 %30–50 %
10 ans≈ 4–6 %60–80 %
15 ans≈ 0–2 %80–100 %
20 ans +≈ 0 % (aucune période de 20 ans négative en réel sur le MSCI World depuis 1970)90–100 %
Piège n° 5 — Confondre « horizon long » et « argent dont je n'ai pas besoin maintenant »

L'apport d'un achat immobilier prévu dans 3 ans n'est pas de l'argent à long terme, même s'il ne sert à rien aujourd'hui. Un horizon se définit par la date de la dépense prévue, pas par l'impression que l'argent est disponible.